Corriger le strabisme chez bébé : quelles solutions existent vraiment ?

À cette question, il n’y a pas de réponse unique car cela dépend du type de strabisme…

Strabisme de l’enfant

Il existe plusieurs manières d’aborder le strabisme chez les plus jeunes. On distingue notamment le strabisme qui s’installe dans les tout premiers mois de la vie, appelé strabisme congénital, et celui qui surgit entre 2 et 4 ans, qui a ses propres particularités.

Strabisme congénital

Quand le strabisme est présent dès la naissance et qu’il est constant, autrement dit, un œil demeure toujours dévié, il faut agir vite. Plus les deux yeux sont alignés tôt, plus le cerveau de l’enfant apprend facilement à fusionner les images captées par chaque œil. Cela limite le risque de suppression de l’image de l’œil dévié, évitant ainsi le fameux « œil paresseux ».

Bien sûr, avant toute opération, il s’agit d’écarter d’autres causes comme une lésion de la rétine, un problème optique ou musculaire. Une fois le diagnostic posé, il est recommandé d’intervenir autour de la première année de vie. Ces strabismes congénitaux donnent souvent du fil à retordre : ils combinent fréquemment des écarts horizontaux et verticaux, et nécessitent parfois plusieurs interventions pour un résultat satisfaisant. La chirurgie chez le nourrisson requiert d’ailleurs une main particulièrement aguerrie, bien plus que pour un enfant de 6 ans.

Strabisme intermittent

Lorsque le strabisme apparaît tôt mais ne se manifeste que par épisodes, l’œil se dévie seulement par moments, ou l’angle varie beaucoup d’un jour à l’autre, il vaut mieux attendre que la situation se stabilise. L’enfant doit aussi être en mesure de collaborer pour les examens : mesure de la déviation de loin, de près, avec ou sans lunettes, dans différentes positions et conditions. L’âge de la chirurgie, ici, fluctue généralement entre 2 et 6 ans.

Un point incontournable avant d’envisager l’opération : vérifier ou traiter une éventuelle amblyopie, ce trouble de la vision plus connu sous le nom d’œil paresseux.

Imaginons par exemple le cas d’une fillette de 4 ans, dont l’œil droit commence à dévier vers l’intérieur à 3 ans. Les lunettes réduisent la déviation, mais le problème persiste : l’intervention chirurgicale devient alors une option. Plus tard, à 6 ans, une autre enfant opérée retrouve un alignement correct des yeux, avec ou sans lunettes. Ce sont des histoires vécues dans de nombreux cabinets d’ophtalmologie.

Il existe aussi des cas où le strabisme survient à la suite d’une perte de vision dans un œil, qu’elle soit due à une malformation, un traumatisme ou une maladie spécifique. L’opération se programme alors quand l’enfant commence à ressentir le regard des autres, souvent entre 4 et 6 ans, avant que le trouble ne pèse sur sa confiance.

Strabisme chez les adultes

Chez l’adulte, deux grands scénarios se dessinent.

Certains vivent avec un strabisme depuis l’enfance, parfois opéré, parfois non. Dans ce cas, une intervention peut se faire au moment choisi par la personne. L’aspect fonctionnel ou esthétique guide alors la décision.

Strabisme depuis l’enfance

Que la chirurgie ait eu lieu pendant l’enfance ou pas, aucune contrainte de timing ne s’impose à l’âge adulte. L’opération se planifie quand la personne souhaite corriger son regard.

Strabisme qui apparaît à l’âge adulte

Quand le strabisme se manifeste pour la première fois à l’âge adulte, il est indispensable d’en rechercher la cause : paralysie d’origine neurologique, traumatisme, problème vasculaire, maladie thyroïdienne… La suite dépend du diagnostic. Parfois, un traitement médical ou des injections de toxine botulique sont proposés. Si la situation n’évolue pas favorablement, une intervention chirurgicale peut être envisagée entre 4 et 6 mois après l’apparition des symptômes.

Ce schéma se retrouve par exemple chez un patient de 73 ans, dont le strabisme est apparu à la suite d’une paralysie. Opéré à 74 ans, il retrouve un alignement satisfaisant, preuve qu’il n’y a pas d’âge pour agir.

Ce qu’il faut retenir

Une déviation permanente chez l’enfant appelle une opération dès que les causes organiques sont éliminées et l’amblyopie traitée si besoin. Chez l’adulte, le strabisme d’enfance peut être corrigé à tout moment, tandis qu’un strabisme acquis se traite en général après quelques mois d’évolution, une fois que le diagnostic est posé et que l’on sait que la récupération spontanée n’est plus possible.

Chaque cas reste singulier. Il n’existe pas de protocole universel, mais une nécessité absolue d’expérience et de discernement chez le chirurgien strabologue, pour déterminer la meilleure marche à suivre.

Les caches oculaires pour traiter le strabisme

L’ophtalmologue repère le strabisme, puis propose des solutions adaptées à la situation. Plusieurs options s’offrent à lui, en fonction de la nature et de la sévérité du trouble.

Dans bien des cas, il adresse l’enfant à un orthoptiste pour un bilan. Une simple rééducation peut parfois suffire. Souvent, le port de lunettes s’ajoute au traitement. Il faudra alors passer chez l’opticien pour équiper l’enfant correctement.

Le praticien peut aussi prescrire l’utilisation de caches oculaires, sur un œil ou les deux, avec un suivi régulier chez l’orthoptiste pour s’assurer de l’efficacité du traitement. Concernant le strabisme chez l’enfant, il existe des caches aux motifs amusants. On peut même demander un poster de motivation pour coller les caches utilisés chaque jour, rendant l’expérience plus ludique. Si les deux yeux sont concernés, le port du cache s’alterne : un œil chaque jour. Lorsque la vision s’améliore, la durée d’utilisation diminue progressivement, jamais du jour au lendemain.

Parfois, le cache fait glisser les lunettes sur le nez. Dans ce cas, un passage chez l’opticien permet d’ajouter des patins en silicone à la monture. Les lunettes adhèrent alors mieux sur le cache, ce qui évite à l’enfant de regarder par-dessus, un geste qui compromettrait l’efficacité du traitement.

Pour retirer le cache, il suffit de commencer par le bord collé sur le nez. La plupart du temps, il s’enlève aisément sans mouiller, mais selon les marques l’adhésif peut être plus tenace. Si besoin, le retirer sous la douche facilite l’opération. En cas de résidus, un peu de savon ou de dissolvant sur un coton fera l’affaire, avec prudence bien sûr pour éviter tout contact avec les yeux.

Le chemin vers un regard droit n’est jamais tracé d’avance. Chaque parcours exige patience, adaptation et décision éclairée. Les premiers pas font parfois toute la différence, et la confiance de l’enfant ou de l’adulte à chaque étape change la donne. Reste à choisir, avec le professionnel, le bon moment pour franchir le cap.